Je puise en tout premier lieu les thèmes de mes contes et romans dans les anciennes mythologies : babyloniennes, assyriennes, égyptiennes, hébreux, grecques ou celtes. Comme un palais de paix immense est ainsi une réécriture du mythe d'Électre. Le personnage central est une mendiante infirme que j'ai appelée Ambre, parce que l'ambre était l'électrum des anciens Grecs. Dans beaucoup d'autres textes, c'est plutôt la Bible que je revisite - la création d'Ève, la tour de Babel, etc. La Bible est un grand réservoir d'images. Elle ne fait pas que m'inspirer des situations, des personnages. J'y trouve des décors. Mon séjour de deux ans en Algérie, puis de trois au Maroc a contribué à développer en moi - moi qui pourtant suis né au bord de la mer ! - un amour irraisonné du désert. Un autre thème que j'ai beaucoup exploré - la plupart des nouvelles que j'y ai consacrées sont encore inédites - est celui de l'être ailé. J'ai ainsi un recueil tout prêt composé de huit contes à travers lesquels j'explore l'univers des créatures volantes, depuis les anges - et celles que je nomme les " angelles " - jusqu'aux simples canards, en passant par les fées, ou certains dieux ou héros mythologiques comme Éros ou Icare. Un autre thème sur lequel j'écris volontiers est celui du rapport entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. L'un de mes contes relate les mésaventures d'un homme qui se découvre être éternel mais qui peu à peu se met à fondre jusqu'à devenir microscopique. Dans un autre, c'est un " avatar " issu d'un jeu vidéo qui se trouve brusquement propulsé de l'autre côté de l'écran. Un troisième met aux prises un joaillier flamand de la Renaissance avec une minuscule demoiselle prisonnière d'un saphir…

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LES TAMBOURS DU VENT

 

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L'examen rapide de votre biographie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Éric_Lysoe) et la découverte, pour le profane, d'extraits de certaines de vos créations musicales mises en ligne donnent à eux seuls le vertige, évoquant une vie plus que bien remplie de globe-trotter, compositeur, écrivain et anthologiste, professeur … Éric LYSØE, diriez-vous volontiers que vous menez de front plusieurs vies, ce qui vous conduit à vous démultiplier dans l'exploration d'univers parallèles ?

Vous êtes donc, depuis votre plus jeune âge, tiraillé entre deux mondes, deux passions, celle de la création littéraire, et celle de la création musicale… Ceci étant, êtes-vous également soumis, dans votre démarche créative, à l'exigence exprimée par l'un de vos personnages-clé, la belle Irina, professeur de piano initiant son jeune élève non seulement à son art mais aussi à l'amour ? "Tu ne peux t'imposer comme virtuose (…) qu'en vivant perpétuellement sur le fil de cette lame terrible qu'est le désir."

À la lecture de ce recueil, on sent de votre part une proximité évidente avec plusieurs personnages masculins (Athanasius Pearl, Florestan, Florimond…) Peut-on aller jusqu'à affirmer que ces nouvelles comportent des éléments autobiographiques liés à des expériences fortes, des moments-clés de votre existence, des femmes de votre vie ? D'où la grande originalité de l'ensemble des textes composant ce recueil, liée à l'expression d'un imaginaire fort, intime, à la limite du fantasmatique ?

La musique, fil conducteur de tous ces récits, ne saurait être dissociée de la femme, objet de culte, de vénération, et source d'inspiration (la mère, les initiatrices, les amantes), d'où la connotation très érotique des textes ; cependant, cette musique est souvent ici source de souffrance et de sacrifice sanglant, une dévoreuse malgré tout éloignée de celle des mythologies antiques (La Violoncelliste, Clair-obscur, La fille en jean). La création et la mort sont ainsi souvent associées dans vos textes : est-ce volontaire ?

Parlez-nous de la genèse des "Tambours du vent, et autres passions musicales " dont vous nous avez fait remarquer, à juste titre, que le recueil comportait sept nouvelles, tout comme une gamme comporte sept notes…Et sachant qu'à chaque note correspond une couleur, quel texte incarnerait le mieux, selon vous, la couleur rouge, couleur de la passion, mais aussi du sang, et donc de la mort ?

En dehors de ces thèmes - la femme et la musique, la création -, quels sont vos autres thèmes de prédilection ?

Deux de vos nouvelles (Une ancienne ballade irlandaise ; À deux secondes près) comportent des développements relatifs à certains personnages ou à des péripéties de l'intrigue qui auraient pu donner matière à la rédaction d'un roman plutôt qu'à une nouvelle. Pourquoi ce choix ?

Quels sont vos projets, tant dans le domaine littéraire que dans le domaine musical ?

Éric LYSØE, que vous inspire ce vers de Victor HUGO dans Les Contemplations : " La musique est en tout. Un hymne sort du monde " ?